Artiste
Portrait de Icess Madjoumba

Icess Madjoumba

Auteur, Compositeur, Multi Instrumentiste, Chanteuse...

Origine
Martinique 🇲🇶
Nom
Catherine Pam

Biographie

Genres Musicaux : Bèlè contemporain, Roots, Musiques urbaines et caribéennes
Mouvement : Djoumba Mizik
Labels / Médias : B Music
Groupes : Vwa Bel Dan’m, Bélya
Actif depuis : environ 1995
Activité : Chanteuse, tambouyèse, auteure-compositrice, productrice

Une voix, un tambour et un feu sacré

Icess Madjoumba, ce nom résonne comme une promesse de rythme et de vérité. Chanteuse, tambouyèse, autrice, compositrice, productrice — mais surtout, artiste complète au sens fort du terme — Icess Madjoumba incarne cette énergie rare qui traverse les âges et les continents, du royaume du Dahomey jusqu’aux mornes martiniquais. Avec elle, le tambour bèlè ne se contente pas d’être un instrument : il devient une parole, un souffle, un cri qui réveille les mémoires enfouies.

Bèlè : de la tradition à la création contemporaine

Le mot tambouyèse, qu’elle revendique fièrement, évoque un lien profond avec le bèlè, cette culture musicale, dansée et chantée, héritée de la résistance des ancêtres africains déportés. Icess Madjoumba ne fait pas que jouer du tambour — elle le fait parler. Mais ce serait trop simple de l’enfermer dans la case “traditionnelle” : sa démarche artistique repose justement sur l’articulation entre patrimoine et modernité.

Elle le prouve à travers son concept Djoumba Mizik, un univers où le roots jamaïcain, les vibes urbaines et les pulsations caribéennes se mêlent aux rythmes puissants du bèlè. Un savant mélange qui donne naissance à une musique hybride, sensible, enracinée mais ouverte — en clair, à un style qui lui est propre.

Une formation exigeante pour une artiste plurielle

Ce parcours artistique, aussi instinctif soit-il, s’appuie aussi sur une rigueur académique impressionnante. Icess Madjoumba est titulaire d’un Diplôme d’Études Musicales en musiques actuelles et musiques traditionnelles, ainsi que d’un Master. Autrement dit : derrière l’intuition, il y a le travail. Beaucoup de travail.

Et pas uniquement dans la musique. Chanteuse, certes. Mais aussi comédienne. Danseuse. Pédagogue. Elle incarne une expression artistique globale, où chaque discipline nourrit l’autre. Ce lien constant entre les arts, les traditions africaines et les héritages martiniquais forge cette signature unique qui ne laisse personne indifférent.

Des scènes caribéennes à l’éclosion solo

Durant près d’une décennie, entre 2000 et 2008, elle parcourt les scènes antillaises et hexagonales avec le groupe Vwa bel Dan’m, où elle brille en tant que chanteuse et percussionniste. Cette période est cruciale : elle y affine son style, son rapport à la scène, son envie de transmission.

Elle poursuit cette lancée avec le groupe Bélya, avec lequel elle participe à des événements majeurs comme le festival Gwoka en Guadeloupe, mais aussi des concerts à Paris, Bordeaux, Grenoble, ou encore une tournée en Bretagne. Ce n’est pas rien : ça prouve l’universalité de son propos artistique. Le bèlè sort des sentiers battus et devient une musique de tous les publics.

“Djoumba Mizik” : un nom, une vision

Depuis 2015, Icess Madjoumba cristallise son univers musical sous un label maison : Djoumba Mizik. Le mot “Djoumba” renvoie aux esclaves du Dahomey, ancien royaume africain correspondant à l’actuel Bénin. Ce n’est pas un hasard. Elle revendique cette filiation comme un acte de mémoire.

Et vous savez quoi ? Ça fonctionne. Dans Djoumba Mizik, il y a du groove, du chant, des tambours qui claquent, mais aussi un souffle spirituel qui fait vibrer l’âme. Ce n’est pas juste de la musique : c’est une expérience.

Le virage solo et les nouvelles perspectives

En 2020, après des années d’expériences collectives, elle fait le choix d’ouvrir un nouveau chapitre solo. Plusieurs singles voient le jour, prélude à un album en préparation en collaboration avec le label B Music, basé à Bordeaux.

Ce virage n’est pas anodin. Il traduit une volonté de maîtrise, de contrôle sur sa production artistique, et de dialogue plus direct avec son public. Et même si les chiffres restent encore confidentiels — quelques auditeurs à Lyon ou Sydney, une poignée d’abonnés — l’essentiel est ailleurs. C’est la direction qui compte. Et la direction est claire : vers une expression toujours plus authentique, libre, incarnée.

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