riddla

Riddla

Biographie

Originaire de Marie-Galante, petit bout de terre rattaché à l’île de la Guadeloupe, Riddla a grandi dans le quartier de Lauricisque plus communément appelé Zooside. C’est là où on l’a baptisé comme cela. Riddla est un personnage de Batman qui a une double personnalité. Il est à la fois quelque de nature réservée mais lorsqu’il est sur scène, il s’éclate et se révèle ; autrement son vrai prénom est Wesley. En 1999, il fait partie des featurings de l’album de son ami Fuckly. En 2003, il sort son premier album « C.Pagna la ». En 2005, on le retrouve sur un riddim de Krys. C’est un artiste original et plein d’humour.

Riddla conserve une authenticité poussée, très proche de son public c’est naturellement qu’il se fait très actif sur les réseaux sociaux. Il nous abreuve de vidéos, de sons, d’images ou de délires en tout genre. Tous ses comptes, toute plateforme confondue, sont régulièrement alimentés de contenus au potentiel certain. A ses yeux, c’est un réel moyen de communication afin de faire sa promo, il déplore le l’ancien monopole du monde des radios. « Aujourd’hui tout le monde est son propre producteur, son propre manager, son propre producteur ». Ces mêmes-radios se fournissent dorénavant en hit par le biais d’Internet. Pour l’anecdote, cette révélation eut lieu après une rencontre avec les responsables de la programmation d’NRJ. Le chanteur avait fait un son dont la mise en scène était de type «  église américaine, en mode pasteur » définit-il. La vidéo et le style musical avait été jugé ‘hors format’ à l’époque. Par conséquent, il était hors de question pour une sortie officielle, il lui fallut passer par d’autres méthodes de diffusions, plus sauvages« Le concept de deux personnes dans un coin, exemple des comités d’écoute des radios, qui décident si le son est bon pour 30 000 personnes ne peut pas exister ».

Riddla s’exprime sur la label « Henri Debs et fils » et de son amitié avec Rico le fils du producteur. En effet, Riddla décrit sa première rencontre avec Henri Debs comme très impressionnante. A l’époque c’est une figure emblématique, chanteur et producteur il est souvent sollicité par la télévision lokal. C’est alors Riddla qui passait par là après « son épreuve de bac blanc de français » et venait alors au studio pour encourager son frère de cœur Fuckly. Henri Debs est un grand homme pour lui, doté de plein de charisme et de talent au piano. Le label s’est finalement officialisé et formalisé grâce aux nouvelles technologies. « Le père Debs » comme il le surnomme, produit à l’époque une majorité d’artistes antillais et a su via son fils opérer une transition réussie en s’occupant de chanteurs plus urbains. Un label « vital » pour les Antilles.

Riddla relève également de ce que l’on appelle des diversifications du phénomène de diversification de business model, c’est-à-dire l’association d’artiste à des marques. Il raconte que c’est Orange qui l’a contacté en premier pour représenter leur forfait ‘jeune’ durant un an. Il les a donc accompagné toute au long de l’année.

Après dix ans sans album, Riddla a travaillé sur son nouvel opus, à la suite de quoi il enchaîne une vague de concerts et de voyage sillonnant le monde : Canada, Réunion, Allemagne et bien sûr à Marie-Galante. Il dit aussi ne pas avoir boycotté les fêtes communales antillaises qu’il apprécie tant.

En 2011, en artiste engagé, il sort en collaboration avec Daly, Es.y Kennenga, Admiral T, Misié Sadik, le titre « Respekté’w » contre la violence montante aux Antilles.

En 2012, son titre « TTD Orélie » fait polémique, il provoque beaucoup d’émoi et de nombreuses réactions à sa sortie. D’un côté, il y a l’immense majorité qui aiment et qui trouvent qu’il s’agit d’un morceau où l’harmonie, la mélodie et le rythme sont superbes et harmonieux ; tandis que de l’autre, il y les offusqués par les paroles, qui crient au respect de la gente féminine. Il y a un lien avec la chanson du même nom « Aurélie » de Colonel Reyel« On peut dire que mon «Orélie complète l’Aurélie de Colonel Reyel ». Ce prénom est symbolique, il représente toutes les jeunes filles victimes d’elles-mêmes ou des autres. Pour lui, il y a même plusieurs types d’Orélie : celles qui sont victimes de l’amour, qui croient aimer un garçon et qui sont prêtes à tout pour lui. Parfois, elles ont des « accidents », elles tombent enceintes et décident de garder leur enfant. Et puis, il y a un autre type d’ « Orélie », toujours victime, mais cette fois de son entourage. Dans ce cas, la jeune fille pense que pour se faire accepter d’un groupe, il faut plaire à tout prix. « Ces Orélie-là n’ont pas bien compris les enjeux. Dans ce cas-là, les « Orélie » sont victimes de leur naïveté ». Le langage utilisé est pour le moins non conventionnel, avec notamment des néologismes propres à l’artiste. Pour lui, c’est peut être cru mais c’est celui des jeunes. Il répond aux haters en leur reprochant leur mauvaise interprétation du morceau.

En 2014, Riddla réapparaît également pour s’offusquer contre les prix du carburant et soutenir les grèves d’essence avec le son « Ti bidon ». Dans le clip, il défend cette cause avec son humour légendaire, mettant en scène des automobilistes mécontents et leur bidon à essence désespérément vide. Tout cela se déroule dans la ville imaginaire « Tibidoncity ».

Plus tard, il déchaîne les foules avec le titre « Piba » qui là encore avec une touche comique, met en lumière l’univers des réceptions antillaises : avec le pas de danse le « béssé ba », le traditionnel chodo (ou plus fréquemment chez les Martiniquais le « pain beurre ») qui arrive toujours en fin de soirée, voire au petit matin pour nous requinquer.

Récemment, pendant les présidentielles de 2017, il dénonce cette fois-ci la malhonnêteté des candidats, notamment François Fillon dans le titre évocateur « Milionè ».