Artiste
Portrait de Slikee

Slikee

La voix d'or du Reggae Hip Hop caribbean.

Origine
Guadeloupe 🇸🇷
Nom
David Miolard
Slikee – Toujou la Slikee Toujou la

Biographie

Ville : Capesterre Belle-Eau
Genres musicaux : Nu roots kréyol, Reggae dancehall
Collectifs / Groupes : 3Dom Sound, Crucial Family Band
Activité : Auteur-interprète

Une voix soul enracinée au pied de la Soufrière

Slikee n’est pas seulement une voix. C’est un écho profond venu des entrailles de la Guadeloupe. Né en 1976, l’année même où la Soufrière grondait, Slikee grandit à Capesterre Belle-Eau, dans un cadre luxuriant où la nature façonne les sensibilités. Très tôt, il est happé par le mouvement Hip-Hop, avant de bifurquer naturellement vers le reggae dancehall, un style encore balbutiant sur l’île à l’époque. Ce virage, il le doit aux pionniers de la scène locale comme Dalton, Nbee, Major Skat, Zower ou encore Bronx, qui lui ouvrent les portes du 3Dom Sound dès 1993.

Les débuts dans la fièvre des Sound Systems

Mais attention, ici, pas question de monter au micro sans légitimité. À l’époque, les standards sont élevés – il faut être vrai, il faut incarner. Slikee passe par les cases obligées : Ras Abbya & the Freedom Fighters, puis Influence Sound System, Jahlawa, Karukera Sound System et Kilowax. On parle là de l’âge d’or des Sound Systems guadeloupéens, cette période bouillonnante où les platines côtoient les tanbouyé dans des événements inédits. Comme ce jour mythique où Influence Sound invite le groupe Akiyo, icône du Gwo-Ka, à croiser le fer avec les DJs – Slikee y est, et ça change sa vision de la musique pour toujours.

L’underground comme laboratoire de conscience

Pendant des années, Slikee évolue à l’écart des projecteurs, arpentant les scènes Sound System et alignant les collaborations sur des mixtapes comme Gwadajah I et II, Négro-Dollars, Lusdy & Friends ou encore Blazing. En 2002, c’est la rencontre déterminante avec Oliver Stone et Jekel, compositeur. Ensemble, ils accouchent du titre Jusques à quand?, une interrogation puissante sur les racines africaines et bibliques du peuple noir, acclamée par le public local. Ce cri résonne fort.

Dans la foulée, le trio récidive avec Mizik sur la compilation Holiday’s Mix, et en 2003, Slikee pose sur le Pass di Rhum Riddim avec le morceau Ki moun ou ké pè?, cette fois pour questionner la situation de la diaspora africaine. Toujours avec la même énergie live, sans tricherie. À tel point qu’il est invité à faire la première partie de Capleton en 2003, accompagné du Crucial Family Band venu de Dominique.

Des racines et des ailes musicales

Si Slikee est si singulier, c’est parce que sa musique puise dans un vivier d’influences rares. Le gospel, les rythmes sud-américains, la musique cubaine et haïtienne que ses parents écoutaient, le rétro-zouk, sans oublier le Gwo-Ka, colonne vertébrale de son identité. Cette mosaïque donne un reggae créole profondément enraciné, mais universel dans ses messages. Il ne fait pas dans la pose. Il milite avec humilité pour plus d’amour, de lumière, de respect.

Ses modèles ? Bob Marley, Peter Tosh, Garnett Silk, Jacob Miller, Luciano. Rien que ça. Il voit la musique comme une mission divine : “parler à l’âme du peuple”, créer des vibrations qui apaisent, éveillent, relient. Et vous savez quoi ? Ça fonctionne. Discrètement mais sûrement, Slikee trace sa route, et quelque chose nous dit qu’elle s’apprête à traverser l’Atlantique.

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